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Sun Yat-sen et la Révolution de 1911 |
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En Chine, la féodalité dura plus de 2 000 ans. Au
milieu de la dynastie des Qing, à la fin du XVIIIe siècle, elle était devenue
décadente. Après la Guerre de l’Opium, guerre d’agression contre la Chine déclenchée
en 1840 par la Grande-Bretagne, la pénétration du capitalisme étranger en
Chine en fit progressivement un Etat semi-colonial et semi-féodal. Entre
l’ancienne oppression féodale et la nouvelle agression impérialiste, la Chine
était plongée dans un grand malheur et le peuple menait une vie misérable. La
révolution était inévitable. Grâce au mouvement révolutionnaire paysan des
Taiping de 1851 à 1864, dirigé contre la domination féodale des Qing et
l’agression du capitalisme étranger, et au mouvement patriote anti-impérialiste
des paysans, le Mouvement des Yi He Tuan (les Boxers), de 1899 a 1900, la
tempête révolutionnaire gagna tout le pays. Au cours de cette révolution qui
déferla comme une tempête furieuse, la classe bourgeoise monta sur la scène
de l’histoire, en tant que force nouvelle. En 1911, les révolutionnaires,
avec à leur tête Sun Yat-sen (1866-1925), grand précurseur de la révolution,
déclenchèrent un mouvement pour renverser la dynastie des Qing. Cette
révolution démocratique bourgeoise fut appelée la Révolution de 1911. La Révolution
de 1911 proclama la chute de l’autocratie féodale, fit flotter le drapeau de
la République démocratique sur le territoire chinois et fonda une république
bourgeoise: la République de Chine. Elle eut une grande portée dans
l’histoire chinoise. Son mérite est éternel. Mais à cette époque-là, le
capitalisme national était fort peu développé en Chine et la bourgeoisie
encore faible. Sous la pression conjointe des impérialistes et des féodaux,
le pouvoir tomba rapidement entre les mains des seigneurs de guerre du
Beiyang qui représentaient à la fois les intérêts des gros propriétaires
fonciers et des compradores. La pratique nous montre que dans un Etat
semi-colonial et semi-féodal comme l’était alors la Chine, ni la paysannerie,
ni la bourgeoisie n’étaient capables de diriger la révolution jusqu’à sa
victoire finale. A partir de
cette époque, la responsabilité de la direction de la révolution en Chine
incomba historiquement au prolétariat chinois. En 1919, huit ans après la
Révolution de 1911, éclata un grand mouvement révolutionnaire
anti-impérialiste et anti-féodal, le Mouvement du 4 Mai. Au cours de ce
mouvement, le prolétariat chinois révéla pour la première fois sa puissance.
Et peu de temps après, fut fondé le Parti communiste chinois. En 1924,
treize ans après la Révolution de 1911, Sun Yat-sen réorganisa le Guomindang
et ce fut la première alliance entre le Guomindang et le Parti communiste
chinois. L’Expédition vers le Nord fut déclenchée pour renverser la domination
des seigneurs de guerre du Beiyang, soutenus par les impérialistes. En
1937, vingt-six ans après la Révolution de 1911, le Guomindang et le Parti
communiste chinois firent alliance pour la deuxième fois. Et le peuple
chinois put donc mener une guerre de résistance contre le Japon qui dura huit
annnées et remporter la victoire finale. En 1949, trente-huit ans après la
Révolution de 1911, sous la direction du Parti communiste chinois, le peuple
tout entier mena la révolution de démocratie nouvelle et fonda la République
populaire de Chine, mettant fin à la période de domination semi-coloniale et
semi-féodale et créant un Etat indépendant et une démocratie populaire. La
Chine entra alors dans la voie du socialisme. Aujourd’hui, l’économie et la
culture chinoises ont connu un développement sans précédent, sur une base
extrêmement arriérée et dans des conditions extrêmement difficiles.
L’objectif que poursuivaient Sun Yat-sen et ses partisans, lors de la Révolution
de 1911, est atteint, et l’on a dépassé de loin le niveau imaginé à l’époque.
Quatre-vingts ans d’histoire nous montrent que la Révolution de 1911, n’étant
que le prélude à une révolution démocratique, ouvrait la voie au
développement de l’histoire. Par conséquent, les communistes chinois et les
peuples des différentes nationalités du pays considèrent la victoire de la démocratie
nouvelle et du socialisme comme la continuation et le développement de la
Révolution de 1911. Ils témoignent d’un respect profond à Sun Yat-sen et à
ses partisans qui ont dirigé la Révolution de 1911. La grande portée historique de la Révolution de 1911 et les leçons qu’il faut en tirer
La Révolution
de 1911, dirigée par Sun Yat-sen, fut un grand mouvement révolutionnaire
durant la période de la révolution démocratique chinoise. Elle revêt une
grande portée historique qui se résume en ceci : 1. La Révolution de 1911
a renversé la dynastie des Qing qui avait dominé la Chine pendant plus de 260
ans et elle a mis fin à la période de l’autocratie féodale. C’est une grande
victoire pour le peuple chinois. C’est aussi un progrès historique
extraordinaire. 2. Durant la Révolution
de 1911, les révolutionnaires bourgeois, avec à leur tête Sun Yat-sen,
fondèrent le Zhongguo Tong Meng Hui (Ligue
révolutionnaire de Chine), un parti politique de type bourgeois. Adoptant
comme programme politique les Trois principes du Peuple de Sun Yat-sen, les
révolutionnaires menèrent la lutte armée sans jamais faiblir. Ils eurent la
sagesse de faire éclore la fleur d’une république démocratique, et
l’arrosèrent de leur sang, frayant la voie à la révolution démocratique
bourgeoise dans l’histoire de la Chine. 3. La Révolution de 1911
a établi une république démocratique bourgeoise qui répondait au développement
du capitalisme. Sun Yat-sen promulgua une série de lois et décrets en faveur
d’une politique démocratique ainsi qu’une constitution provisoire de type
bourgeois pour que l’idée d’une république démocratique gagne les cœurs. Par
la suite, le rétablissement du régime monarchique par Yuan Shikai et la
restauration de la dynastie des Qing par Zhang Xun se sont rapidement soldés
par des échecs, car tel est le sort de tous les régimes autocratiques
réactionnaires. La Révolution de 1911 a grandement contribué à ouvrir la voie
à la révolution démocratique du peuple chinois. 4. Pendant les quelque
soixante-dix années qui s’écoulèrent entre la Guerre de l’Opium de 1840 et la
Révolution de 1911, le gouvernement des Qing mena, à l’extérieur, une
politique de compromis et capitula “comme une chèvre domptée”, jouant le rôle
de laquais des impérialistes, tandis qu’à l’intérieur, il réprimait le peuple
“comme un tigre féroce”. Grâce à la Révolution de 1911, ce laquais fut
abattu. Cela montre que les impérialistes ne pouvaient pas contrôler le
destin de la Chine comme bon leur semblait. Et par la suite, toutes forces
réactionnaires, qui bénéficiaient du soutien des impérialistes, ont
finalement été anéanties en dépit de leur puissance, grâce à la lutte du
peuple. Sous cet angle, cela explique que la Révolution de 1911 ait porté un
rude coup à l’impérialisme et au féodalisme. 5. La victoire de la
Révolution de 1911 donna naissance à un grand mouvement d’émancipation
idéologique. Puisque l’autorité impériale, sacrée et inviolable depuis des
milliers d’années, pouvait être renversée, alors, que ne pourrait-on attaquer
ou transformer, de réactionnaire ou d’arriéré ? Il ne fait aucun doute que la
Révolution de 1911 ait servi de déclencheur à la lutte. Elle a violemment
attaqué la pensée féodale. Au moment de la Révolution de 1911, les
propagandistes révolutionnaires appelèrent le peuple chinois à s’opposer à
l’impérialisme et à la dynastie des Qing, encourageant le peuple à faire
rayonner cet esprit d’initiative, à étudier cette nouvelle pensée et cette
nouvelle théorie et à mener sans faiblir une lutte héroïque pour rechercher
la voie révolutionnaire de la Chine. En un mot, la
Révolution de 1911 fit faire un bond à la Chine pour passer d’une société
féodale à une société capitaliste. Elle marqua aussi un tournant, de
l’autocratie féodale à la république démocratique. Ses mérites historiques
sont immenses et subsisteront à jamais. Elle a exercé une profonde influence
sur l’histoire de la Chine. Mais elle s’est
soldée par un échec, parce que les révolutionnaires ont accepté un compromis
avec les forces réactionnaires et que Yuan Shikai a confisqué les fruits de
la révolution. La République de Chine n’existait que de nom. Le peuple
chinois n’avait pas pu accomplir sa tâche historique anti-impérialiste et
anti-féodale. Pourquoi la Révolution de 1911 a-t-elle échoué ? Parce que les
impérialistes soutenaient les forces réactionnaires chinoises. Toutes
ensemble, ces forces réactionnaires étaient supérieures à celles des
révolutionnaires. La bourgeoisie chinoise, qui dirigea la Révolution de 1911,
était une classe faible sur le plan politique et économique. Elle ne pouvait
pas lever haut le drapeau anti-impérialiste et anti-féodal ni discerner les
puissantes forces révolutionnaires à l’œuvre dans les masses paysannes. L’échec
de la Révolution de 1911 nous montre que dans un pays semi-colonial et
semi-féodal comme l’était alors la Chine, la bourgeoisie nationale et son
parti politique ne pouvaient mener le peuple chinois à la victoire finale de
la révolution démocratique. C’est
pourquoi la voie de la république démocratique bourgeoise n’a pas d’avenir en
Chine. |
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